Comment préserver un bon climat social dans son entreprise ?

Toute organisation sociale rassemble des individus ou des groupes aux intérêts et aux vues divergentes, ce qui occasionne toujours des frictions. Il convient donc de les apaiser. Le climat social est le degré de satisfaction des employés au sein d’une entreprise et permet de limiter et régler sans heurt les désaccords. C’est pourquoi il faut mettre en place les moyens pour le préserver ou l’améliorer afin de bénéficier des avantages qu’un bon climat social octroie.

Les raisons d’un bon climat social

Si les bienfaits d’un bon climat social ne sont pas tangibles à proprement parler, ils sont néanmoins indéniables. Un climat social joue ainsi sur la productivité et l’attractivité d’une entreprise, et facilite grandement le dialogue social.

La productivité

Un bon climat social impactera fortement la productivité d’une entreprise. Une part de cette affirmation est non quantifiable mais il ressort du bon sens que des salariés satisfaits de leur travail s’acquitteront avec plus de motivation, plus de rigueur, plus de rapidité des tâches qui leur incombent.

La transmission de l’information sera aussi meilleure. Si les salariés sont habitués à échanger librement, à se faire confiance, c’est très naturellement que les informations circuleront. Tout RH connait la fonction stratégique de la machine à café. De même, le climat social influera de manière positive sur le taux d’absentéisme.

L’attractivité

A l’heure du numérique, l’information circule vite. Un mauvais climat social transpire toujours d’une entreprise. Les talents ont alors tendance à fuir une société au climat social délétère, et sauf à sortir des arguments lourdement pécuniers pour les attirer ou les retenir, le capital humain peut rapidement s’appauvrir.

Le dialogue social

Comme le climat social se caractérise par un rapport apaisé entre les acteurs sociaux d’une entreprise, il facilite grandement le dialogue social qui est la façon dont salariés et structure dirigeante échangent sur les sujets sociaux comme la formation continue, les rémunérations ou l’organisation du travail.

Dialogue social

De manière informelle, le dialogue social se passe par des discussions, des échanges non formalisées et quotidiens, et implique les instances dirigeantes et les salariés. De manière formelle, l’État entre en jeu dans le dialogue social qui se manifeste de quatre façons : la simple information des décisions de la direction ; la consultation des acteurs sociaux ; la concertation qui implique un échange où chacun tient compte des autres avis ; enfin, la négociation qui se caractérise par l’obtention d’un compromis satisfaisant chacune des parties.

Le climat social trouve son point d’acmé dans les grandes étapes formelles du dialogue social. Elles sont alors comme un révélateur de la qualité du climat social. Si « l’ambiance » est mauvaise, les négociations seront ardues et conflictuelles.

Les moyens d’un bon climat social

Un bon climat social ne se décrète pas. Il se travaille sur la durée par des actions variées, régulières et parfois diffuses. Mais avant d’espérer influer sur le climat social, il convient de le connaitre, ce qui n’est pas une chose forcément simple.

Les outils pour connaitre le climat social

Le climat social est un élément subjectif par excellence, et par définition difficilement quantifiable. De manière évidente, l’appréciation du climat social tient avant tout du ressenti. Il se forge au moyen de discussions informelles, d’appréciations de rumeurs, d’observations d’attitudes, etc. C’est un travail souterrain et instinctif. Ce sentiment, car il n’est qu’un sentiment, est particulièrement subjectif et doit être corroboré par des éléments objectifs.

Il est donc indispensable de se baser sur des éléments statistiques. Taux d’absentéisme, demande de changement de poste ou de service, départs volontaires, etc., doivent être quantifiés et récapitulés dans des tableaux. Si, pris isolément, aucune de ces données ne sauraient permettre une conclusion définitive, pris dans leur globalité et ajouté au ressenti, elles permettent un aperçu pertinent de la qualité du climat social.

Ce travail de veille et d’observation incombe au RH et c’est aussi à lui qu’appartient les moyens d’améliorer la qualité du climat social.

Les leviers pour agir sur le climat social

Le climat social dépend de deux facteurs. Le premier est externe à l’entreprise et dépend du contexte général dans lequel elle s’inscrit : perspectives économiques générales, taux de chômage, secteur porteur ou non dans lequel évolue la société, environnement privé des collaborateurs, etc. Dans ces cas-là, à part mettre en valeur les données positives et les diffuser autant que possible, un RH a peu d’impacts.

La santé financière d’une société est le fondement du climat social et son principal facteur interne. Il convient aussi de donner du sens au travail de chacun des salariés en les incluant dans un ensemble plus large, celui de l’entreprise. Il s’agit d’encapsuler la tâche de chacun dans un dessein commun en définissant des objectifs clairs et accessibles. Tous les salariés doivent se sentir concerner par le devenir de la société. Le management au quotidien est important et le tourner vers la bienveillance est une solution efficace. Respect et confiance non seulement stimulent mais apportent toujours du bien-être au travail. Le respect des mesures d’hygiène et de sécurité, l’amplitude horaire et les salaires, les conditions de travail de manière générale sont des facteurs majeurs du climat social qu’il ne faut jamais négliger. Enfin les perspectives d’évolution ou de formation ont leur rôle à jouer concernant le climat social.

Autant que possible, un RH doit influer sur les différents facteurs ci-dessus même si tous ne sont pas exclusivement de son ressort. Il existe des méthodes simples et peu onéreuses qui peuvent être facilement mises en œuvre. Il peut ainsi réunir les différents acteurs dans une optique de coopération en mettant en place des groupes de travail sur des thèmes qu’il aura définis et dont il sait qu’ils soulèvent des interrogations. A lui d’en faire la synthèse et de communiquer sur les solutions dégagées puis d’en suivre la mise en œuvre. Cette approche responsabilisante est toujours bien vue des salariés qui apprécient que leurs demandes et solutions soient prises en compte. De même, sorties, soirées et autres week-end d’intégration sont toujours un plus pour la solidarité d’une équipe et donc le climat social.

Le climat social a des avantages indéniables sur la productivité, l’attractivité, et facilite le dialogue social. Son caractère diffus rend son pilotage délicat et incertain même s’il existe des outils pour le mesurer et des moyens pour l’améliorer. Quoiqu’il en soit, c’est une donnée à ne pas négliger. En effet, comme le climat social s’appuie sur la confiance, il se perd vite et se gagne lentement. Le négliger peut facilement entrainer une entreprise dans un cercle vicieux duquel elle peinera à sortir.

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