Faut-il emprunter ou autofinancer quand mon entreprise à de la trésorerie ?

Quand une entreprise doit investir dans une immobilisation ou se constituer une réserve de cash, l’équipe de gestion se pose la question : ” L’entreprise doit-elle autofinancer l’investissement, c’est-à-dire prélever sur la trésorerie ou emprunter la somme nécessaire à l’acquisition de cet investissement ? Ne serait-il pas plus judicieux pour un entrepreneur d’emprunter quand bien même, elle disposerait de suffisamment de liquidités (cash) ? Chaque cas étant particulier et spécifique, il convient plutôt de bien comprendre ces deux notions. Nous vous expliquerons donc tout d’abord les deux principaux besoins de financement d’une entreprise avant d’évoquer les avantages spécifiques de l’autofinancement et de l’emprunt.

Les différents besoins de financement d’une entreprise

L’exploitation

L’exploitation est une période correspondant à la durée qui s’écoule entre le règlement de la facture des achats de matières premières chez les fournisseurs pour lancer la production et le début des encaissements des ventes réalisées auprès de vos clients finaux. L’entreprise doit ainsi bénéficier d’une trésorerie suffisante afin de faire face à cette période souvent délicate en fonction de son secteur d’activité (notamment dans le domaine industriel).

L’investissement

Contrairement au cycle d’exploitation, l’investissement se déroule sur le long terme (plusieurs années). Concrètement, il s’agit d’imputer comptablement le montant de l’investissement tout au long de son utilisation. Ainsi, si vous réalisez un investissement pour les dix prochaines années, vous ne comptabiliserez pas l’intégralité du montant de cet investissement dès la première année. Vous lisserez plutôt sur 10 ans cette charge. La principale problématique pour ce cycle reste sa méthode de financement. Faut-il emprunter ou utiliser l’argent disponible au risque de plus pouvoir assurer le cycle d’exploitation ?

Qu’est-ce que l’autofinancement d’une entreprise ?

La capacité d’autofinancement (CAF) correspond aux ressources financières de l’entreprise. Elle est calculée à partir des éléments du compte de résultat, soit :

CAF = produits encaissables – charges décaissables.

Le calcul de la CAF peut donc être réalisé de 2 manières :

À partir du résultat où l’on retraite tous les éléments non décaissables (dotations aux amortissements et provisions, valeur nette comptable des éléments d’actifs cédés…) et non encaissables (reprise de provisions, produit de cession d’éléments d’actifs …).
À partir de l’EBE où l’on rajoute les produits encaissables et décaissables.
La CAF et « cash flow » sont légérement différents ! Le “cash flow” correspond à l’ensemble des flux de trésorerie entrants ou sortants des compte bancaire de l’entreprise. Au contraire, la CAF ne tient pas compte des encaissements ou décaissements réellement réalisés sur la période.

Une entreprise calcule cette capacité d’autofinancement pour déterminer sa capacité à financer elle-même un investissement futur.

Les avantages de l’emprunt

Outre le fait de ne pas affecter vos liquidités en réserve, l’emprunt bancaire possède également l’avantage d’être intéressant sur le plan fiscal pour votre entreprise. En effet, les intérêts d’emprunt constituent une charge comptable pour la société venant ainsi impacter négativement son résultat… et donc les impôts (notamment l’Impôt sur les Sociétés) qui lui sont directement associés ! On considère ainsi que finalement les deux tiers du remboursement des intérêts sont effectivement pris en charge par la société emprunteuse. Attention toutefois à ne pas abuser de l’emprunt au risque de mettre les finances de votre boîte dans le rouge. Vous devrez ainsi toujours vous assurer de disposer des fonds nécessaires pour couvrir le règlement des intérêts supplémentaires. Dans le cas contraire, vous mettrez en péril le capital de la société et l’exposerez inutilement à des risques de redressement ou de liquidation judiciaire.

Réaliser un crédit professionnel pour ses dépenses permet aussi à l’entreprise de préserver son cash flow et ainsi éviter d’évoluer à flux tendu financièrement. En contractant un prêt à long terme à faible taux d’intérêt, votre entreprise peut disposer du fonds de roulement nécessaire à son bon fonctionnement, de son exploitation et à sa rentabilité tout au long de l’année.

Les inconvénients d’emprunter pour une entreprise

Emprunter demande de constituer un dossier souvent long et de négocier avec son banquier.

Autre inconvénient, vous devez disposer d’une garantie ? Selon la maturité de votre entreprise, cette garantie liée à vos actifs n’est pas forcément possible.

Selon les conditions de souscriptions de votre emprunts, celui-ci peut être très couteux. Aujourd’hui les taux sont faibles, mais si votre emprunts a un taux indexé sur les taux directeurs et que celui -ci augmente alors vos échéances de remboursements augmenteront.

Les avantages de l’autofinancement

L’autofinancement permet d’éviter les coûts inhérents à l’emprunt comme les intérêts.

À courts termes, quand la trésorerie le permet, il est en effet tentant d’éviter la préparation de fastidieux dossiers de financement auprès de ses banque. Mais passer par de l’autofinancement peut fragiliser la trésorerie de l’entreprise qui pourra moins facilement faire face à un imprévu.

Que choisir entre emprunter ou autofinancer son exploitation ou investissement ?

Pour chaque investissement, s’interroger sur le meilleur moyen de le financer.

Nous conseillons de recourir à l’emprunt bancaire pour financer tout ce qui se justifie facilement auprès d’un banquier et qui accroit la rentabilité de l’entreprise :

  • achat de nouveaux équipements pour gagner en productivité ou pour créer un nouveau produit,
  • investissements dans des locaux plus grands, etc.

Nous conseillons de financer son exploitation par de l’autofinancement afin de ne pas déséquilibrer le haut de votre bilan.

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